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Après ce bilan dressé du premier mois, celui de tous les émois, nous avons passé une autre étape importante: la première sortie touristique, la découverte du quartier de résidence des 2 loulous.
Ils ont donc pu s'adapter à leur poussette, sentir la douceur du climat girondin sur leurs frêles joues en ce bel après-midi de février.
Premières secousses aussi puisqu'avant de prétendre flâner, il faut emprunter un chemin de cailloux -de pierres même- qui mène à la rue. Ce ne sont que 50 mètres, mais ils vous tordent la
plante des pieds en temps normal, et secouent allégrement le guidon lorsqu'il vous faut mener une poussette double avec 2 nacelles! Imaginez donc le corps fragile de deux gigots de moins de 3
kilos, ballottés dans une nacelle qu'ils peinent à remplir... Nous voyions les têtes dodeliner comme le feront les marionnettes qu'ils rudoieront dans quelques temps, tant et si bien que pour le
trajet inverse papa a eu pitié et a porté une nacelle jusqu'au logis familial.
Après un trajet empruntant pour moitié les trottoirs et pour moitié la rue (pour cause de trottoirs non praticables, et non pour faire de Jules et Victor des Sébastien Loeb en puissance en leur
faisant découvrir la terre et l'asphalte), nous voilà arrivés au parc. Petit tour d'une vingtaine de minutes, peut-être plus, le temps pour Pepsi (la chienne) de se dégourdir les pattes, de faire
un peu trempette et de converser avec quelques congénères.
Le retour s'effectue par un chemin sensiblement identique, hormis la variante sur le chemin pré-citée.
C'est très bien, de leur monter autre chose qu'un plafond me direz-vous? Soit, mais il se trouve que de bout en bout, à savoir de leur installation dans les nids d'ange et les nacelles jusqu'au
retour dans leur lit du salon, ils n'ont rien trouvé de mieux que de dormir profondément, n'esquissant pas l'ombre d'un sourcillement ou d'une moue malgré la rudesse du trajet. Qu'à cela ne
tienne, un peu d'air frais ne peut être que bénéfique, et l'est en tout cas pour la maman qui n'a pas beaucoup eu l'occasion de se dégourdir les jambes depuis plusieurs mois.
Les parents indignes que nous sommes n'ont même pas eu l'idée d'emporter un appareil photo pour immortaliser cet événement sur la pellicule -enfin la carte mémoire: s'ils me relisent un jour, ils
ne sauront même pas que les pellicules photos ont existé! -il nous faudra donc le faire la prochaine fois pour vous faire rire un peu: on ne devine qu'un bout de leur visage dépassant des
"couvre-nacelle" (je ne connais pas le nom de la sorte de couverture zippée intégrée) et c'est à peine si on les voyait!
Nous ferons encore l'objet des curiosités... que je ne vais pas qualifier abusivement d'hostiles mais en tout cas pas spécialement avenantes ni amicales. J'explicite mes propos de ce
pas. Au détour de ce tour, nous arrivons près d'une aire de jeu pour enfants fréquentée comme il se doit en une si belle journée. Bien sur, notre poussette king-size attire l'oeil -le bon
généralement, celui de la curiosité et de l'amusement- et Pepsi qui gambade autour également -le mauvais cette fois, celui de la peur pour ce pauvre caniche agressif a qui on passe
tout- ce qui se vérifie encore. Nous mettons Pepsi (chienne inoffensive et obéissante au possible) au pied et nous avançons paisiblement. Une mamie fait l'habituel détour protecteur de son
loulou, rien de neuf, et nous croisons le regard insistant de trois dames gardiennes sinon "propriétaires" d'enfants affairés sur les jeux. Je leur envoie donc un bonjour audible accompagné d'un
hochement de tête courtois, et... rien...
J'ai un instant pensé -naïvement peut-être- que le fait de posséder un signe distinctif de la caste des parents (la poussette) assorti d'une marque forte de singularité (poussette double)
créerait un renforcement tribal à-même de nous introduire dans le cercle des utilisatrices régulières du parc, celui qui nous aurait donné accès aux ragots issus de bacs à sable, de la sortie
d'école ou de la crèche. Ca marche mieux avec mon blouson et mon casque au détour d'un accessoiriste moto. Bon, je vous l'accorde, les ragots et discussions ne sont pas les mêmes.
Non, peut-être notre appartenance au groupe des possesseur d'un grand chien ressemblant à un berger allemand (oui, cela va faire sourire ceux qui connaissent Pepsi et ses 40 cm au garrot,
ses oreilles tout aussi grandes) a-t-elle coupé à la racine les bonnes intentions.
Tant pis, on réessaiera avec le troisième enfant (!). Quoique, on réessaiera tout simplement une autre fois pour croiser les personnes non originaires du coin (les autochtones ont effectivement
la réputation d'être froids et distants). J'ai pourtant déjà croisé auparavant des personnes qui me répondaient en souriant alors que je n'avais "que" Pepsi. Oui, j'admets que j'ai très souvent
sinon toujours fait le premier pas...
Au delà de ces considérations sur la nature humaine, considérations qui occupent une bonne part de l'article mais n'ont occupé notre esprit que quelques minutes, cette journée reste très
agréable.
Par ailleurs, nous avons reçu la visite de la sage-femme venue régler quelques problèmes de douleurs lors des tétées (irritations dues à une malposition sans doute), ce qui va nous obliger
quelques jours à procéder à des tétées différées des deux frères.
Dans la rubrique faits d'hiver:
Bain et pesée Victorienne victorieuse qui le lendemain de ses 1 mois passe la barre des 3 kilos: 3,030 kg
Pour Jules, il faudra encore quelques jours puisqu'il suit à 200
grammes près son cadet.
Au programme de demain, virée sur mon lieu de travail pour la présentation des fils Boons.
A bientôt, Vincent
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